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Les arguments que les membres du bureau de l'UPTP ont exposé lors de la première réunion avec les services de l'ADP
le 13 OCTOBRE 2009
les faits:
Pour attendre notre clientèle, nous sommes obligés désormais par décision unilatérale de l'ADP de payer une redevance. Un système de paiement horaire de parking aussi cher que pour les particuliers.
Et contrairement aux particuliers, comme vous pouvez le deviner nous sommes à l'aéroport entre deux et cinq fois par jour. Il en résultera un coût annuel de 3000 € à 4500 € par voiture et par an. Sachant que plus de la moitié des entreprises sont des micro entreprises à un véhicule, c'est une véritable sur taxation imposée au secteur. Pour les entreprises en voies de développement embryonnaire de 3 à 5 véhicules, cela représente un lourd poids financier, cette taxe supplémentaire pouvant être estimée entre 9000 € et 20 000 €.
La conjoncture
Nos entreprises portent en elles les germes d'une solution écologique au transport urbain, puisque de par leur mode de fonctionnement, elles représentent une réelle chance pour le développement, dans des conditions rationnelles et pratiques, du système de co-voiturage tant prôné par les discours politiques.
En effet, des usagers âgés ou de condition modeste, qui ne peuvent payer un taxi pour l'aéroport et ne peuvent utiliser les services du train ou de bus étant donné l'éloignement des stations, choisissent la formule de navette a prix partagé. Ils obtiennent ainsi les avantages du bus (prix) mais également ceux du taxi puisque le chauffeur va les chercher ou les ramener à domicile (porte à porte).
Egalement, les opérateurs de tourisme nous sollicitent, parce que l'on est capable de mettre à leur disposition des chauffeurs parlant la langue natale du client, avec des consignes d'accueil adaptées. Connaissez vous d'autres structures de transport qui offrent ce genre de service ?
Ce mode de transport qui se distingue par sa capacité d'adaptation, sa souplesse, sa disponibilité, a vocation à faire face à des besoins qui ne peuvent être satisfaits par les autres modes de transport.
Cependant la majeure partie de nos entreprises sont récentes et fragiles. Cette fragilité des petites entreprises est due à leur faible capacité financière et au manque de structure commerciale. Elles sont obligées de chercher à travailler en sous-traitance des agences de voyage ou d'entreprise à plus grande capacité commerciale.
Si bien qu'elles survivent avec le seul espoir d'arriver à se développer, mais la crise n'a malheureusement pas arrangé la situation; elles ne peuvent qu'espérer voir venir une reprise.
Le paiement du parking une véritable «surtaxe»
Comme un coup de grâce l'ADP nous annonce sa décision de nous faire payer les parkings.
Cette nouvelle «surtaxe» vient de réduire à néant l'espoir de reprise. Nous l'appelons «surtaxe» dans la mesure où le transporteur ne peut pas faire autrement que de payer pour avoir l'accès à son client.
C'est une "surtaxe" enfin car les services de l'ADP sur la base d'une étude, ont fixé les tarifs en fonction d'une durée moyenne d'attente par voiture de 39 minutes. Les différents seuils de prix sont calculés pour que chaque voiture paye en fin de compte ces 39 mn.
A l'analyse c'est une décision injustifiée, disproportionnée et discriminatoire.
Le point de vue de l'ADP (une méconnaissance du secteur)
Le représentant de l'ADP nous annonce comme s'il s'agissait d'une évidence que ce surcoût peut être répercuté sur la facturation au client.
Le transporteur de personnes serait-il donc si libre de répercuter les coûts du service sur la facturation?
Quand bien même cela pourrait être possible, ce qui est loin d'être le cas, cette «surtaxe» parking cause énormément de tort à notre secteur d'activité et à travers elle aux usagers qui ont choisi ce mode de transport. En effet, en agissant ainsi, l'ADP intervient dans le jeu de la concurrence, au profit des taxis et bus, et aux dépens des transporteurs pourtant qualifiés comme transport public de personnes. Les taxis sont dispensés de payer ces mêmes parkings.
L'offre de service du transport de personnes ne peut exister que lorsqu'elle offre des conditions tarifaires plus avantageuses et donc moins chères que le taxi et souvent moins chère que le bus avec l'avantage de porte à porte.
En réalité, souvent les transporteurs travaillent avec les agences de tourisme de groupe qui font des super promotions pour encourager le tourisme de masse. Il en résulte que les prix, offerts aux touristes dans le cadre de contrat négociés un an et jusqu'à deux ans à l'avance, sont faibles. Ainsi l'idée de la possibilité de répercuter le surcoût sur la facturation ne peut émaner que de personnes ignorant totalement le mode de fonctionnement de ce secteur d'activité.
Les grandes agences de tourisme connaissent parfaitement les tarifs taxi et bus en Ile de France et sur cette base elles négocient à la baisse les tarifs contractuels. Le jeu de la concurrence fait que nous sommes moins chers que les tarifs du taxi et souvent moins chers que les tarifs publics du bus, bien qu'en offrant un service différents.
Le transporteur qui manque de structure commerciale et qui est obligé de travailler en sous-traitance est loin de pouvoir modifier les tarifs.
L'analyse de l'ADP ( une erreur d'appréciation)
Alors que nous croyons être un secteur en herbe porteur d'espoir pour la création de milliers d'emplois et le développement du tourisme de masse, nous voilà devant des attitudes de mépris et d'égoïsme aveugle.
Déjà l'attente du client est un coût qui alourdit davantage le transporteur mais d'ici à rajouter une taxe pour attendre, c'est le comble.
Le représentant de l'ADP nous annonce que sur la base d'une ETUDE MINUTIEUSE il en résulte que l'attente dure en moyenne 39 minutes. Ces 39 minutes, que nous subissons et qui n'est pas de notre fait mais du mode habituel de fonctionnement de l'aéroport, sont déjà en soi une contrainte, normale mais coûteuse. La décision de nous faire payer ces 39 minutes revient à nous les faire payer doublement
Et comme une contradiction ne vient jamais seule, le paiement n'est pas exigé pour tous les utilisateurs des parking, ce ne sont que les transporteurs qui doivent payer. C'est à croire que la logique financière de l'ADP est à sens unique
Comment appeler cela ? Un abus de position ? Une aberrationune ? Une injustice ? De l'avis de l'ensemble des opérateurs, c'est qualifiable de décision pour racketter les plus faibles.
La décision de l'ADP ( aux conséquences non mesurées)
Cette surtaxe dans les faits aboutira à l'extinction d'une profession et mettra à mal un secteur fragile et poussera au chômage des centaines de citoyens voulant s'en sortir. Elle privera par la même occasion le marché d'une offre distincte originale et abordable. Ce n'est pas sans nous rappeler que le capitalisme sauvage n'aime pas la diversité.
L'argument, le seul qui nous a été avancé par le représentant de l'ADP est qu'il s'agit d'une entreprise commerciale. L'ADP a investi dans ces parkings et il faut que son investissement soit rentable.
Ne faut-il pas tout d'abord se pencher sur le pouvoir d'achat des personnes ciblées par l'installation de ce service ? Cela s'appelle une étude de marché ou étude d'impact (au choix).
Puisque c'était à nous de payer de tel investissement avez-vous demandé notre avis sur le besoin en ces investissements ?, ou vous êtes-vous demandé si nous pouvions payer ces investissements ?
En outre de quel investissement s'agit-il ? ... un espace de détente équipé pour diminuer le stress ? ou une station d'entretien et de lavage des véhicules ? ou alors une aire de restauration avec des prix spéciaux ? ...
Rien de tout cela …
il s'agit tout simplement d'un système de contrôle informatique et logistique propre à l'ADP. Bref, il s'agit tout simplement d'une barrière coûteuse pour les uns et inutile pour les autres et sans aucun apport positif quant à la qualité de service rendu au client final de l'aéroport.
Bien qu'il ne faut pas rêver et quand bien même ce serait des équipements pour le confort, si ces équipements ne sont pas offerts par l'ADP, notre capacité financière ne nous permet pas de les payer.
A quoi peut-on s'attendre ( vision de l'ADP uniquement financière en l' absence du sens des réalités)
Nous avons par ailleurs évoqué la question des conséquences attendues de cette décision :
Sachant que le parking est payant et n'ayant pas les moyens d'y faire face et n'ayant pas d'emplacement libre, le transporteur passera son temps à circuler dans les enceintes de l'aéroport ajoutant à sa fatigue et gênant la circulation avec tous les risques d'accident que cela suppose, sans parler de l'usure des voitures et de la pollution.
L'ADP cherchera en conséquence tous les moyens y compris les services de la police pour RABATTRE ces poissons et les faire entrer dans le parking, une chasse aux maraudeurs sera alors lancée. Quelle belle perspective de respect mutuel nous est offerte là…
Au lieu d'améliorer le service pour le client, nous voilà devant une perspective de conflit entre les agents de police et les transporteurs, et le client attendra encore plus.
Dans ces tumultes, et le développement des parking sauvages, les clandestins trouveront leur compte bien sûr. Car, au lieu de lutter contre les clandestins pour le bien des clients, en faisant des parkings un moyen d'assainir le secteur, nous voilà devant des mesures qui mènent à des situations où tout devient un espace de conflit et de fraudes.
A ces questions le représentant de l'ADP n'a tout simplement pas répondu.
Où est l'erreur
Finalement l'erreur était de partir de l'idée que c'est un passage obligé et de situation de monopole et partant imposer les tarifs qu'on juge bon pour les uns sans se soucier de ce qui est possible pour les autres.
Par ailleurs, demander aux transporteurs de payer des équipements, alors que d'autres utilisateurs de ces mêmes équipements comme les taxis ne payent pas, nous semble être une surprenante manière de calculer sa rentabilité. Nous ne pouvons nous empêcher de qualifier le fait de Deux Poids - Deux mesures. Il n' y a pas d'autre qualificatif que celui de la loi de la jungle c'est toujours le plus faible qui paye. Connaissez vous des restaurateurs qui font payer aux uns ce qu'à consommé tout le monde ?
Enfin, une entreprise commerciale qui détient un monopole réel, qui plus est responsable d'un équipement public, se doit de s'interdire de pareilles pratiques qui reviennent à prendre des clients en otage pour obliger les transporteurs à lui débourser une taxe avant de travailler.
Elle doit gérer les équipements publics dont elle à la charge « en bon père de famille » et ne pas voir en ces équipements une simple source d'argent quitte à casser des secteurs entiers et mettre des gens en chômage. Une vision court-termiste qui n'est pas sans nous rappeler le style de management porteur de crise sociale et de faillite collective.
Moralité ( explicitement dit aux représentants de l'ADP)
La rentabilité n'est pas qu'à très court terme, elle est, et elle doit être, surtout à moyen et long terme. Le développement des transporteurs n'est pas au dépens des autres moyens de transport, car les transporteurs ouvrent et développent leur propre marché ce que nul autre moyen de transport et surtout pas les taxis ne sont capables de faire. Ils ont leur crénaux propre.
Et c'est à travers notre secteur que des retombées intéressantes peuvent bénéficier à tout le monde y compris à l'ADP. A votre demande nous sommes près à vous en faire la démonstration.
Pour être en phase avec le discours écologique en vogue, nous évoquons l'exemple du crocodile aussi imposant qu'il est, la gueule ouverte, il laisse becqueter le petit oiseau entre ses dents sans l'écraser, car la loi de la nature n'est pas que les forts écrasent les faibles, c'est la règle de complémentarité, pour la survie et la prospérité de tous….. un exemple que nous devons méditer.